Les Femmes qui m’ont faite et la femme que je suis
15 janvier 2023

Bonjour mes Pivoines,
Dans ce post, j’aimerais parler de ces femmes qui ont fait de nous ce que nous sommes. À quel point les femmes que nous avons eu dans nos vies ont une incidence sur les femmes que nous sommes aujourd’hui.
Le cercle de mon enfance
Durant toute mon enfance, je me souviens de ces femmes qui m’entouraient, et sur qui je pouvais avoir une totale confiance.
Tout d’abord ma mère, ce pilier de notre famille qui pour moi était parfaite. Même ses très rares imperfections ressortaient à l’époque parfaites pour moi. Je me rappelle de ma tante, cette femme au sourire éblouissant que je ne voulais absolument pas décevoir. Et puis je me rappelle des amies de ma maman. Elle avait en effet ses copines, qui venaient souvent à la maison. Une maison qui était souvent pleine de fous rires, de longues discussions sérieuses voire émotives, et puis encore de fous rires.

Elles étaient fortes, elles étaient belles, elles étaient pleines de vie, avec des ambitions extraordinaires.
Elle était ma maman, elles étaient mes tatas, et je me sentais tellement bien autour d’elles. Je savais qu’elles me protégeaient aussi. J’étais encerclée d’amour et de bienveillance. Et ma mère savait qu’elle pouvait compter sur elles. Elle savait qu’elle pouvait avoir confiance lorsque l’une d’entre elles me prenait pour le weekend (même si elle n’a jamais été une grande fan des soirées pyjama).
Quand la vie passe
Et puis la vie est passée, emportant quelquefois les ambitions, emportant le temps ; le temps d’avoir le temps, de se rencontrer ou même de s’appeler. Apportant également ses peurs et ses angoisses de femmes, de couple, de parents…
Quant à moi j’ai grandi en voulant calquer ce modèle : avoir moi aussi mon petit groupe de copines. Des copines avec qui j’ai ri, avec qui j’ai eu de grandes discussions, souvent émotives, et avec qui j’ai encore ri, jusqu’à en pleurer. Des amies qui me faisaient tant de bien…
Et puis la vie est passée, emportant l’innocence de l’enfance et l’insouciance de l’adolescence, pour finalement apporter la réalité de la vie d’adulte.
En gros, le même scénario que celui de ma maman et de ses amies finalement. Une petite différence tout de même : cela s’est déroulé nettement plus tôt. Je dirais facilement 10 ans plus tôt.
Les sociétés dans lesquelles nous avons grandi et celles que nous connaissons aujourd’hui sont tellement différentes.
Vivant à plusieurs milliers de kilomètres de ma famille, je suis particulièrement reconnaissante des réseaux sociaux et autres applications qui me permettent de me sentir plus proche de mes proches, en gardant le contact avec eux et en restant connectée à eux. Je peux ainsi participer aux chants d’anniversaires de mes neveux, recevoir un appel lors d’un immense fou rire que ma famille désire absolument partager avec moi, ou voir en visio mes meilleures amies et leurs enfants.
Toutefois, je dirais que nos sociétés sont plus dures. Il n’est pas toujours évident de nos jours, même en étant tout près de ses proches, de se réunir, de passer de bons moments ensemble, d’avoir des fous rires entre copines à en avoir mal au ventre… Permettre à nos enfants de se sentir protégés et aimés par ce cercle de femmes. Leur donner l’impression que rien ne peut leur arriver autour d’elles.
Peut-être que si j’avais prêté une oreille attentive aux discussions de ma maman et de ses amies, j’aurais alors pu comprendre d’où ces fous rires venaient. Comprendre que ces rires pouvaient quelquefois cacher d’autres choses. Comprendre que ces longues discussions étaient leur thérapie, dans une société où les psychologues étaient pour les personnes malades et où le mot sophrologie ne signifiait absolument rien pour elles.
La force d’être vulnérable
En tant que femmes, nous ne sommes pas assez préparées à ce qui nous attend une fois que nous construirons nos vies. Le mariage et la maternité sont d’incroyables aventures dans lesquelles je me suis vue grandir, apprendre et aussi devenir une autre personne. C’est aussi le moment où je suis devenue plus forte et également plus vulnérable. Plus forte en essayant de reproduire ces modèles de femmes fortes avec lesquelles j’ai grandi. Ces femmes qui se sont battues toute leur vie pour leur famille et pour leurs ambitions.
Et puis également vulnérable…
Vulnérable parce que finalement, nous ne devons être fortes que lorsque la vie nous demande de l’être. Parce que leur force n’était pas un trait de caractère, mais un pouvoir qui, comme mécanisme de défense, leur permettait de surmonter leur vulnérabilité.
Leurs fous rires n’étaient pas anodins, mais ils répondaient à un réel besoin d’évacuer. Ils étaient aussi un moyen d’exprimer leur gratitude d’être là les unes pour les autres.
Vulnérable aussi parce qu’ayant été entourée par toutes ces femmes fortes qui m’ont appris à être forte, j’ai grandi en pensant qu’être vulnérable c’était être faible. Ce n’est qu’en devenant maman que j’ai appris que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse. Elle peut également être une force. Être forte et demander de l’aide.
Être forte de dire que l’on n’y arrive pas seul.
Être forte d’accepter ses failles et décider de changer.
Être forte et demander pardon.
Être forte de dire je t’aime.
Reconstruire le village
Mon souhait pour toutes les mamans : forçons-nous à recréer ce village pour nos enfants. Et s’il est déjà créé, forçons-nous à le conserver pour qu’ils se sentent toujours protégés. Et enfin, apprenons à nos enfants qu’être vulnérable n’est pas être faible.

Mon souhait pour toutes les mamans : restons solidaires et apprenons les unes des autres. Arrêtons de nous enfermer dans notre quotidien, pensant que nous sommes seules, parce que nous trouverons toujours des femmes ayant traversé ce que nous pensons actuellement infranchissable.
Trouver son cercle, un cercle où l’on se sent bien, parler, s’écouter et s’épauler.
Vous n’êtes pas seules.
À bientôt à la Maison, mes Pivoines.
— Laëtitia
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